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On manque toujours d'information sur l'exposition au bisphénol A

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Les données précises et fiables concernant l'exposition et l'imprégnation des populations au bisphénol A sont encore trop rares, regrette aujourd'hui l'Inserm dans un communiqué. Cet institut a rendu public un rapport préliminaire concernant les effets sur la reproduction du bisphénol A, à la suite d'une saisine de la direction générale de la santé. Ce rapport, qui a analysé environ 300 articles de la littérature scientifique internationale publiés sur le sujet, s'inscrit dans une expertise collective évaluant les effets d'un certain nombre de substances chimiques sur la reproduction et qui sera publiée à l'automne.

L'Inserm rappelle que le bisphénol A est classé comme "substance reprotoxique de catégorie 3", c'est-à-dire jugée "préoccupante pour la fertilité de l'espèce humaine" en raison d'effets toxiques possibles mais non démontrés sur la reproduction. La dose journalière admissible est de 50 µg de bisphénol A par kilo de poids corporel. La principale source d'exposition de la population générale au bisphénol A est alimentaire. Elle résulte du passage de la substance dans l'aliment ou la boisson à partir des polymères plastiques et résines époxy utilisés pour les emballer ou les contenir. Chez l'adulte, la consommation de boissons contenues dans des bouteilles en polycarbonates, d'aliments en conserve ou de denrées chauffées au four à micro-ondes dans leur emballage entraînerait une ingestion moyenne de 0,03 µg de bisphénol A par kilo de poids corporel et par jour.

D'autres sources de contamination sont estimées négligeables (comme la manipulation de papiers thermosensibles ou l'inhalation de poussières contaminées par le bisphénol A). Mais des dérivés du bisphénol A utilisés en tant que composites dentaires induisent des taux salivaires élevés en ce produit. Ces données suggèrent que d'autres voies d'exposition, ou encore l'exposition à certains dérivés du bisphénol A, doivent être envisagées, indique l'Inserm. Les mesures effectuées dans le sang, l'urine, le lait maternel et d'autres tissus indiquent que plus de 90 % des personnes vivant dans les pays occidentaux sont exposées au bisphénol A. "Ces travaux ne permettent pas à l'heure actuelle d'avoir des certitudes sur la toxicité du bisphénol A ; ils constituent néanmoins des signaux d'alerte pour les pouvoirs publics et les agences sanitaires", précise l'Inserm. On aurait aimé des conclusions plus tranchées.

Source : http://www.lepoint.fr/actualites-sciences-sante/2010-06-03/bisphenol-a-manque-d-informations-sur-l-exposition/1055/0/462832

Article paru dans le Point du 03/06/10

Par Anne Jeanblanc

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