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Certaines allergies médicamenteuses sont des réactions à des virus « dormants »

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Les réactions allergiques consécutives à la consommation de médicaments seraient, en fait, provoquées par des réactions immunitaires contre des virus. C'est ce que vient de démontrer l'équipe de Philippe Musette (Inserm U905 "Physiopathologie et Biothérapies des maladies inflammatoires et auto-immunes" à Rouen), dont les résultats sont publiés mercredi dans la revue Science Translational Medicine. Selon ces chercheurs, chez certaines personnes sensibles et porteuses du virus EBV, la prise de plusieurs traitements entraîne la réactivation de ce fameux virus Epstein-Barr, qui appartient à la famille herpès et qui, en temps normal, est présent à l'état dit "dormant". Le virus se multiplie alors et provoque une réponse immunitaire, ce qui entraîne des éruptions cutanées et désordres viscéraux.

Les chercheurs ont suivi 40 patients qui souffraient d'un DRESS (pour Drug Reaction with Eosinophilia and Systemic Symptoms, c'est-à-dire une réaction au médicament entraînant une augmentation de la concentration en certains globules blancs, les lymphocytes éosinophiles, puis des symptômes allergiques cutanés et viscéraux, notamment hépatiques, pulmonaires et rénaux) en réponse à différents médicaments appartenant principalement à la famille des antibiotiques et des antiépileptiques. Philippe Musette et ses collaborateurs ont analysé la multiplication du virus chez ces personnes : chez 76 % d'entre elles, ils ont constaté la multiplication du nombre d'EBV dans le sang.

"Les observations effectuées au niveau des cellules de l'immunité de ces patients (des lymphocytes TCD8+ en particulier) montrent que la majeure partie de leur réponse immunitaire est dirigée contre les particules virales", précise le communiqué de l'Inserm. L'organisme ne réagit donc pas contre le médicament, jusqu'alors jugé responsable du déclenchement des symptômes d'allergie, mais lutte contre l'invasion et la réactivation virale induite par la molécule. Les traitements testés pourraient donc déclencher l'activation des virus Epstein-Barr dormants des patients, par un mécanisme qu'il reste à élucider. Ces résultats pourraient remettre en question le point de vue généralement admis concernant les mécanismes de l'allergie médicamenteuse et leur traitement, notamment celui des manifestations cutanées qui pourraient bénéficier d'une thérapie antivirale.

Source : http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/anne-jeanblanc/certaines-allergies-medicamenteuses-sont-des-reactions-a-des-virus-dormants-25-08-2010-1228645_57.php

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