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Un bon niveau d'études protège contre Alzheimer
lun, 02/08/2010 - 09:21
Une longue scolarité préserverait les fonctions cognitives en dépit de la présence des lésions cérébrales responsables de cette démence. L'apparition de la maladie serait retardée de sept à dix ans.
Si tout le monde faisait des études, y aurait-il encore des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer? Sans doute, mais peut-être seraient-elles frappées à un âge plus avancé qu'aujourd'hui. C'est en tout cas ce que laissent présager des travaux menés conjointement par des chercheurs anglais et finlandais et publiés la semaine dernière dans la revue américaine Brain. Selon eux, le fait d'avoir fait des études permettrait de stocker des «aptitudes cognitives» capables de contrebalancer les effets délétères des lésions cérébrales responsables de la maladie. Aucun médecin n'a pour l'instant découvert la recette miracle contre cette affection qui touche plus de 800.000 personnes en France.
Cela fait déjà quelques années que l'on sait qu'un bon niveau d'études peut protéger contre Alzheimer ou retarder son apparition. Mais une question restait en suspens : le fait d'avoir suivi un cursus scolaire poussé empêche-t-il l'apparition des lésions cérébrales liées à la maladie ou permet-il simplement d'atténuer leur impact?
Pour en avoir le cœur net, l'équipe anglo-finlandaise a analysé le cerveau de 832 personnes âgées qui avaient participé, des années avant leur décès, à des enquêtes sur la problématique du vieillissement. Beaucoup de données sur leur niveau d'études, d'éducation, leur milieu socioculturel, leur état de santé, mais aussi leurs éventuels troubles de la mémoire ou les diagnostics de démence avaient été accumulés au moment où leur cerveau était autopsié.
Lésions dégénératives
Première constatation : quelque soit le niveau d'études, les lésions histologiques caractéristiques de la maladie d'Alzheimer - plaques amyloïdes entre les neurones, accumulation de la protéine TAU à l'intérieur des neurones - sont similaires. Il n'y a pas moins de lésions histologiques chez les personnes ayant suivi une longue scolarité. Et pourtant, la plupart d'entre elles n'ont pas souffert d'Alzheimer de leur vivant, alors que d'autres, qui présentaient les mêmes lésions mais n'avaient pas autant usé les bancs de l'école ou de l'université, sont devenues malades.
«Nos résultats montrent qu'avoir fait des études peut aider les personnes âgées à gérer sur le plan clinique les lésions dégénératives du cerveau», explique un des coauteurs, Hannah Keage (université de Cambridge, Grande-Bretagne). La scolarité préserverait en quelque sorte les fonctions cérébrales, malgré une altération histologique. «L'éducation est un facteur d'équité sociale. Notre travail soutient encore plus la nécessité d'investir au début de la vie sur des programmes qui ont un impact sur toute la société et pendant la vie entière», déclare Carol Brayne, coauteur de l'étude, également professeur à l'université de Cambridge.
L'étude Paquid menée en France sous l'égide du Pr Jean-François Dartigues, neurologue au CHU de Bordeaux, avait déjà abouti à des conclusions allant dans ce sens : «Le niveau d'études confère des capacités de réserves cognitives très importantes, par le biais notamment du réseau de connexions neuronales et de la taille des neurones», explique-t-il.
Même chose pour la Nun Study, une étude américaine basée sur l'autopsie de cerveaux de religieuses (nun, en anglais) décédées. Là encore, les lésions étaient similaires chez toutes les participantes. À ceci près que celles ayant un bon niveau d'études avaient des neurones plus gros au niveau de l'hippocampe (une région du cerveau impliquée dans les phénomènes de mémorisation) et avaient moins souffert de démence
Un effet protecteur
Apparemment, ce n'est pas l'importance de l'activité intellectuelle au cours de sa vie qui paraît avoir un effet protecteur. Mais bien le niveau d'études, les capacités intellectuelles accumulées avant 25 ans. «Le fait d'avoir suivi un cursus scolaire retarde l'apparition de la maladie d'Alzheimer de sept à dix ans, estime le Pr Dartigues. Lorsque l'on n'a pas été à l'école, on a deux fois plus de risque que lorsque l'on y a été. L'école influencerait le développement des synapses cérébrales et la taille et le nombre des neurones. La profession jouerait un rôle moindre.»
Tout récemment, des guérilleros colombiens ont accepté d'apprendre à lire. L'examen par IRM de leur cerveau a permis de voir que ce simple apprentissage avait développé leur matière grise. Pour se protéger, rien de tel qu'une passion, peinture, musique… «Il faut développer des liens sociaux, note le Pr Dartigues. Lire et discuter de ses lectures avec son entourage.» [...]
Si tout le monde faisait des études, y aurait-il encore des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer? Sans doute, mais peut-être seraient-elles frappées à un âge plus avancé qu'aujourd'hui. C'est en tout cas ce que laissent présager des travaux menés conjointement par des chercheurs anglais et finlandais et publiés la semaine dernière dans la revue américaine Brain. Selon eux, le fait d'avoir fait des études permettrait de stocker des «aptitudes cognitives» capables de contrebalancer les effets délétères des lésions cérébrales responsables de la maladie. Aucun médecin n'a pour l'instant découvert la recette miracle contre cette affection qui touche plus de 800.000 personnes en France.
Cela fait déjà quelques années que l'on sait qu'un bon niveau d'études peut protéger contre Alzheimer ou retarder son apparition. Mais une question restait en suspens : le fait d'avoir suivi un cursus scolaire poussé empêche-t-il l'apparition des lésions cérébrales liées à la maladie ou permet-il simplement d'atténuer leur impact?
Pour en avoir le cœur net, l'équipe anglo-finlandaise a analysé le cerveau de 832 personnes âgées qui avaient participé, des années avant leur décès, à des enquêtes sur la problématique du vieillissement. Beaucoup de données sur leur niveau d'études, d'éducation, leur milieu socioculturel, leur état de santé, mais aussi leurs éventuels troubles de la mémoire ou les diagnostics de démence avaient été accumulés au moment où leur cerveau était autopsié.
Lésions dégénératives
Première constatation : quelque soit le niveau d'études, les lésions histologiques caractéristiques de la maladie d'Alzheimer - plaques amyloïdes entre les neurones, accumulation de la protéine TAU à l'intérieur des neurones - sont similaires. Il n'y a pas moins de lésions histologiques chez les personnes ayant suivi une longue scolarité. Et pourtant, la plupart d'entre elles n'ont pas souffert d'Alzheimer de leur vivant, alors que d'autres, qui présentaient les mêmes lésions mais n'avaient pas autant usé les bancs de l'école ou de l'université, sont devenues malades.
«Nos résultats montrent qu'avoir fait des études peut aider les personnes âgées à gérer sur le plan clinique les lésions dégénératives du cerveau», explique un des coauteurs, Hannah Keage (université de Cambridge, Grande-Bretagne). La scolarité préserverait en quelque sorte les fonctions cérébrales, malgré une altération histologique. «L'éducation est un facteur d'équité sociale. Notre travail soutient encore plus la nécessité d'investir au début de la vie sur des programmes qui ont un impact sur toute la société et pendant la vie entière», déclare Carol Brayne, coauteur de l'étude, également professeur à l'université de Cambridge.
L'étude Paquid menée en France sous l'égide du Pr Jean-François Dartigues, neurologue au CHU de Bordeaux, avait déjà abouti à des conclusions allant dans ce sens : «Le niveau d'études confère des capacités de réserves cognitives très importantes, par le biais notamment du réseau de connexions neuronales et de la taille des neurones», explique-t-il.
Même chose pour la Nun Study, une étude américaine basée sur l'autopsie de cerveaux de religieuses (nun, en anglais) décédées. Là encore, les lésions étaient similaires chez toutes les participantes. À ceci près que celles ayant un bon niveau d'études avaient des neurones plus gros au niveau de l'hippocampe (une région du cerveau impliquée dans les phénomènes de mémorisation) et avaient moins souffert de démence
Un effet protecteur
Apparemment, ce n'est pas l'importance de l'activité intellectuelle au cours de sa vie qui paraît avoir un effet protecteur. Mais bien le niveau d'études, les capacités intellectuelles accumulées avant 25 ans. «Le fait d'avoir suivi un cursus scolaire retarde l'apparition de la maladie d'Alzheimer de sept à dix ans, estime le Pr Dartigues. Lorsque l'on n'a pas été à l'école, on a deux fois plus de risque que lorsque l'on y a été. L'école influencerait le développement des synapses cérébrales et la taille et le nombre des neurones. La profession jouerait un rôle moindre.»
Tout récemment, des guérilleros colombiens ont accepté d'apprendre à lire. L'examen par IRM de leur cerveau a permis de voir que ce simple apprentissage avait développé leur matière grise. Pour se protéger, rien de tel qu'une passion, peinture, musique… «Il faut développer des liens sociaux, note le Pr Dartigues. Lire et discuter de ses lectures avec son entourage.» [...]
Source : http://www.lefigaro.fr/sante/2010/08/01/01004-20100801ARTFIG00208-avoir-un-bon-niveau-d-etudes-protege-contre-la-maladie-d-alzheimer.php
Article paru dans le Figaro du 02/08/2010
Par Martine Perez
Article paru dans le Figaro du 02/08/2010
Par Martine Perez

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